juillet 6, 2021

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Rencontre avec le curé André Kulesza

 Interview-Rencontres / Posté il y a 7 mois par Memo / 220 vues

Pourriez-vous Monsieur l’Abbé André Kulesza vous présenter en quelques mots ?
Mes racines sont en Pologne, je suis arrivé dans le canton en 2000 pour apprendre la langue française. J’ai suivi le cours de l’Alliance française durant une année.

Puis Mgr Bernard Genoud m’a proposé de rester en Suisse et d’exercer mon ministère de prêtrise dans le canton de Fribourg, j’ai débuté à Bulle (Part-Dieu). Depuis 2013 je suis Suisse, avec la double nationalité. J’avais déposé ma demande à la commune de Siviriez dans laquelle je logeais et après 12 ans de séjour en Suisse j’ai en effet eu le droit de déposer ma demande pour la nationalité suisse.

J’ai toujours eu un très bon contact avec la commune de Siviriez et je participais aux fêtes communales et aussi à la bénédiction du nouveau bâtiment communal. Durant les 9 ans à Siviriez, j’ai vécu avec l’unité pastorale le chemin jusqu’à la canonisation de la Bienheureuse Marguerite Bays. Puis l’évêque m’a demandé de me déplacer à Onnens, in solidum avec Notre Dame de la Brillaz, où j’y ai passé 7 ans.

Pendant 5 ans j’ai donné des cours de religion au CO de Bulle, je donnais beaucoup de catéchisme en Pologne, maintenant ici je n’ai malheureusement plus de temps.

Je suis content d’être Suisse, et d’approfondir des amitiés avec des gens d’ici. C’est très important aussi pour moi que je sois encardiné dans ce diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Je ne fais ainsi plus partie des prêtres de Pologne et je suis donc sous les ordres de Mgr Charles Morérod.
Avant de devenir prêtre, je réfléchissais à faire sapeur-pompier professionnel. Je voulais absolument aider les gens.

Avant de venir ici j’ai pris un temps sabbatique pour suivre une formation de management à l’école club Migros, ce qui m’aide pour gérer les six paroisses. Je prends aussi des cours d’allemand. J’aime beaucoup Fribourg et suis heureux d’avoir été nommé curé modérateur dans ce beau canton.
Je fais un tournus avec l’abbé Jean pour être présent dans toutes les paroisses.

Quels sont vos hobbys ?
La marche, le contact avec la nature qui me renforce, faire le jardin, la musique, je joue de la guitare, j’ai aussi créé le groupe des desperados à La Brillaz. Ce groupe est composé de jeunes, mamans et grands-mamans, et son but était non seulement d’animer les messes mais aussi de donner aux gens la possibilité de se rencontrer autour de la musique. Parfois on regardait un film, lieu de partage et de rencontre.

Aussi toujours lié à la musique j’ai accueilli Natacha St-Pier le 11 avril 2019 pour un concert sur les poèmes de Thérèse d’Avila. Magnifique concert et moments d’échange avec elle et son équipe.

Je suis aussi un passionné des loups, j’avais durant 12 ans un berger allemand fidèle, avec lequel j’ai fait beaucoup de promenades.

Comment se passent vos débuts en tant qu’Abbé dans notre paroisse de Ecuvillens-Posieux ?
Le premier contact s’est fait par petits groupes, avec entre autres M. Maurice Seydoux, votre président de paroisse. J’aime le contact avec l’équipe pastorale, mes proches collaborateurs sont Lucienne Broillet et Philippe Valax pour le plan pastoral.

J’apprécie les contacts avec le conseil de paroisse, les messes, des paroissiens sont venus sonner à la cure pour me souhaiter la bienvenue, j’étais touché.

En arrivant j’ai reçu pas mal d’invitations pour des réunions de sociétés mais avec le Covid je n’ai pas beaucoup pu y participer, ce n’est que partie remise.

Le contact avec le secrétariat est très important, je compte beaucoup sur lui car les gens s’adressent directement au secrétariat, le contact et la collaboration sont très bons.

Je suis arrivé le 1er septembre dernier et je célèbre les messes au home à Farvagny, les résidents sont restés dans leurs chambres durant le corona durant plus de 3 mois et ils ne m’ont ainsi jamais vu. Comme nouveau curé, c’est difficile ainsi pour faire connaissance.
J’ai fait la découverte du Petit Chœur, quel magnifique chœur !

Comment voyez-vous le lien aujourd’hui entre le curé de la paroisse et l’abbaye d’Hauterive ?
C’est une chance d’avoir l’Abbaye d’Hauterive sur notre territoire, nous avons besoin de leurs prières. Lors de deuils, j’ai reçu de beaux témoignages de personnes qui vont régulièrement prier à Hauterive.

Je n’ai personnellement jamais pensé aller au monastère et y vivre en communauté, c’est une autre vocation. Je me réjouis de vivre la prochaine journée paroissiale, les offices de Hauterive sont mentionnés sur la feuille dominicale.

Le coronavirus nous a privés de notre dimension communautaire. Qu’est ce qui a changé dans votre quotidien ?
Je vois personnellement que le corona divise beaucoup.
C’est une grande blessure pour nos sociétés, mais je suis toujours optimiste et cela va disparaître. J’espère que les sociétés seront comme le printemps, elles vont reprendre. J’espère aussi plus de solidarité, d’unité.

Personnellement j’ai perdu mon Papa en Pologne en mai 2020. Il avait des problèmes d’estomac et après 4 semaines d’hôpital, il est décédé. Personne de la famille n’a pu aller le visiter. J’ai contacté l’ambassade pour voir ce qui était possible, et j’ai dû rester à Onnens, car si je me rendais en Pologne auprès des miens, tous auraient dû rester en quarantaine et personne n’aurait pu assister aux funérailles. Je ne suis donc pas allé. Je suis retourné en Pologne en juillet de l’année dernière. Ce sont de grandes blessures aussi dans ces conditions-là. D’habitude quand j’arrive tout le monde est devant la maison pour m’accueillir. En juillet dernier alors que je n’avais pas revu ma famille depuis une année, personne n’a osé faire un geste. Mais gardons l’espérance que notre sens de l’accueil va revenir.

Lorsque cette période particulière sera derrière nous, quelle société allons-nous voir apparaître ?
Nous allons retrouver la joie de vivre et du partage, notre communauté sera plus soudée.

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