mars 1, 2022

by Memo in

Marie Françoise Chavaillaz-Berdat - Une citoyenne de Hauterive au parcours de vie execeptionnel – 2ème partie

 Gens de chez nous / Posté il y a 6 mois par Memo / 189 vues

par Jean-Denis Chavaillaz – Publié dans la Hauterive Info no 13

Le journal
Peu après sa sortie du pensionnat des Ursulines à Fribourg (environ 1861), Marie Françoise Berdat (Photo 1) commença à tenir un journal utilisant des cahiers d’école et qu’elle appela “ses mémoires et son confident”. Rédigés en écriture cursive parfaite, elle y consigna régulièrement ses pensées, ses aspirations, ses peines et ses soucis. Elle nota aussi les évènements qui marquèrent ses journées tels que les anniversaires de toutes sortes : naissances, décès, départs et arrivées dans différents lieux. Même les
évènements politiques y trouvèrent une place. Les persécutions religieuses des années 1870, par exemple, la préoccupèrent beaucoup.

Les récits reflètent une profonde foi catholique. Marie Françoise Berdat était très pieuse comme le démontrent les longs passages racontant les sermons entendus durant les messes ainsi que les mentions régulières des différents exercices religieux. Elle était persuadée qu’il fallait souffrir sur cette terre pour mériter le paradis. Grâce à ses emplois en Europe, elle était devenue polyglotte, parlant le français, l’allemand, l’anglais et le hongrois.

Dans son dernier journal, dont les entrées sont d’ailleurs de plus en plus espacées dans le temps, elle raconte son mariage en 1881 avec Jean Joseph Chavaillaz, agriculteur, forestier, syndic d’Ecuvillens et membre du Grand Conseil. On y trouve aussi le récit de leur voyage de noces à Einsiedeln et Bâle. C’était le second mariage de Jean Joseph. Sa première épouse fut Marie Eléonore Chenaux qui lui avait donné 10 enfants dont Pacifique (futur syndic, lui aussi, et père d’Eugène Chavaillaz) était l’aîné. Éléonore décéda le 13 août 1876 à l’âge de 36 ans (photo 2). Du temps d’Éléonore, Marie Françoise aimait fréquenter la famille de Jean Joseph. Marie Françoise ne donna pas d’enfants à Jean Joseph. Elle décéda le 9 février 1915, 4 mois avant Jean Joseph, à l’âge de 72 ans.

La chronologie du journal
Seuls quatre cahiers d’école manuscrits de ce journal nous sont parvenus. D’autres cahiers existent ou existaient certainement (probablement neuf ou dix max si ce n’est plus). Ils couvrent les périodes de 1864, 1868-1869, 1871-1874 et 1878-1888. L’année 1864 relate la fin du séjour à Augsbourg en Allemagne et le départ pour la Hongrie.
La période de 1868 à 1869 se rapporte au service dans la famille du comte Zichy en Hongrie.
Le cahier des années 1871 à 1874 raconte les années au service de la famille de Chollet à Fribourg.
Le dernier cahier date de la période 1878 à 1888 et rapporte les évènements du temps où Marie Françoise Berdat était au service de la famille Messimy à Lyon, ainsi que ses années suivant son mariage avec Jean Joseph Chavaillaz.

Tous les cahiers sont rédigés à la plume en écriture cursive d’une clarté exemplaire, un trait certainement acquis durant de ses études chez les Ursulines à Fribourg (Photo 3).

Certains passages sont en allemand, langue que Marie Françoise Berdat apprit probablement à Augsbourg en utilisant une écriture cursive gothique (Kurrent-Alphabet). De rares passages sont en hongrois et en anglais.

Les différents engagements de Marie Françoise Berdat en Suisse et à l’étranger au fil des années.

1860 – 1861. Bonnes Fontaines, Famille de Weck
Après ses années passées au pensionnat des Ursulines à Fribourg et probablement avec l’appui du Grand vicaire, Marie Françoise Berdat est engagée auprès de la famille de François et Pauline de Weck
comme institutrice (à 17 ans !). Leurs enfants Paul et Albert étaient ses premiers élèves. Elle a toujours témoigné d’une grande estime pour la famille de Weck et en particulier pour madame Pauline.

L’extrait de son journal rédigé alors qu’elle était à Augsburg le démontre clairement : La lettre de madame Pauline (celle-ci lui annonce qu’elle a probablement trouvé une place pour elle en Hongrie) m’a montré une fois de plus la bonté de son cœur, et m’a prouvé en même temps l’intérêt qu’elle me porte. Qu’il me serait doux de pouvoir lui prouver ma reconnaissance autrement que par paroles ; puisse le Seigneur m’en fournir un jour l’occasion, c’est ce que je continuerai à lui demander jusqu’à ce qu’Il m’exauce. Ou plus loin, lorsque Madame Pauline lui annonce que sa place était enfin assurée : Madame Pauline m’annonce que ma place est enfin assurée, elle me répète les tendres conseils pourrai[-je] assez remercier le bon Dieu de m’avoir donné une personne si attachée à mes intérêts.

1861 – 1864 Mr le Grand Vicaire, directeur de la communauté des Ursulines à Fribourg, Les sœurs Dominicaines à Augsburg
Marie Françoise Berdat arrive à Augsburg (Allemagne) le 3 décembre 1861, à lâge de 18 ans. C’était pour elle un engagement provisoire dans l’attente d’obtenir un poste auprès d’une famille noble de l’Est de l’Europe. Elle œuvra comme enseignante (malgré son jeune âge) à l’institut Sankt Ursula au couvent des Dominicaines dans le strict respect de la foi catholique. L’extrait ci-dessous démontre les profondes convictions religieuses de Marie Françoise Berdat :(Photo 4 et 5).

La suite du récit, avec en particulier un retour sur les sept années que Marie Françoise Berdat a passées en Hongrie, est à lire dans la prochaine Hauterive Info.

 

 

  • Listing ID: 9527
Détails du contact

Ecuvillens *****

Contacter l'annonceur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.