novembre 5, 2021

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Restauration de l'église de l’abbaye d’Hauterive - Travaux jusqu'en 2025

 Journal - Actualité / Posté il y a 1 mois par Memo / 299 vues

Patrimoine » Erigée au XIIe siècle, l’église de l’abbaye d’Hauterive a besoin d’une restauration en profondeur. Mis à l’enquête il y a quelques semaines, les travaux on débuté en juin 2021 et vont durer jusqu’en 2025. Coût total de l’opération: douze millions de francs. Et le coronavirus n’est pas étranger à la réalisation de ce projet, puisqu’il a pu être lancé grâce au plan de relance de l’économie mis en place par le canton de Fribourg. En effet, la moitié de la facture sera prise en charge par l’Etat dans le cadre de ce plan de relance. «Ces travaux permettront de donner du travail aux petits artisans et artistes fribourgeois», précise Georges Godel, conseiller d’Etat et président de la Fondation d’Hauterive depuis le début 2021. C’est une fondation de droit public, dont la création a été avalisée par le Grand Conseil en 1966. Elle est propriétaire des terrains de l’abbaye et des bâtiments qu’elle met à disposition des moines gratuitement.

Le projet de rénovation de l’église abbatiale est en discussion depuis plusieurs années. «Nous étions prêts», explique Jean-Luc Rime, architecte responsable du projet avec son bureau d’architecture Espaces et Environnement. Le plan de relance a donc été l’occasion de donner un coup d’accélérateur. Car ce qu’il manquait jusqu’ici, c’était le financement. «Je trouve intéressant d’intégrer cette restauration à la relance économique du canton», relève Dom Marc de Pothuau, abbé d’Hauterive. «Cela donne au projet une dimension humaine.»

Fouilles archéologiques

Ces travaux seront les premiers depuis plus de 100 ans, après la dernière restauration qui s’était étendue entre 1903 et 1913. Ils permettront de ramener cette église dans le XXIe siècle. Il s’agira notamment de revoir l’installation de chauffage et de ventilation. «Nous passons quatre heures chaque jour dans cette église pour prier. Et en hiver, lorsque c’est 4 h du matin, la température descend assez vite», relève Dom Marc de Pothuau. «Le chauffage n’a jamais été réalisé comme il faut dans cet édifice», relève Jean-Luc Rime. Il illustre ses propos avec un exemple: «Les stalles dans lesquelles les moines s’installent pour prier sont chauffées avec de l’air chaud qui vient du haut. Or, comme l’air chaud monte, il ne fait que chauffer la voûte de l’église.»

La restauration des stalles est aussi prévue. Elles seront entièrement démontées et déplacées. Ce sera l’occasion de procéder à des fouilles archéologiques à l’endroit où elles se trouvent. Si les spécialistes ne savent pas exactement ce que ces fouilles vont mettre au jour, ils s’attendent à découvrir de précieux indices permettant de mieux comprendre l’histoire du bâtiment. D’autres fouilles sont également envisagées au gré des différentes interventions techniques.

Les installations électriques doivent également être mises à jour, les vitraux et les décors peints restaurés, l’accès adapté à la mobilité réduite, l’ensemble de l’édifice mieux isolé et sa structure solidifiée. «Une quinzaine de corps de métiers travailleront sur ce chantier», estime Charles-Henri Lang, ancien architecte cantonal et président de la Commission de bâtisse.

Côté financement, outre les six millions engagés dans le cadre du plan de relance, 800 000 francs de subventions seront accordés par le canton et le même montant sera alloué par la Confédération. Le projet devrait aussi pouvoir compter sur un montant de trois millions demandé à la Loterie romande. La fondation et les amis de l’abbaye investiront 800 000 francs, surtout pour l’éclairage et la restauration des stalles. Elle compte aussi sur des dons privés pour soutenir le financement.

Vie de moine chamboulée

Ces travaux vont entraîner un grand chamboulement dans la vie de la quinzaine de moines vivant à l’abbaye. Leur vie est régie par une règle de stabilité: ils travaillent la terre où ils seront enterrés, et les temps de prière et de chant rythment leurs activités. Une chapelle provisoire sera aménagée dans leur réfectoire. «Mais le provisoire, nous ne connaissons pas», explique Dom Marc de Pothuau. Si la rénovation est un élément permanent dans l’ensemble de tous les bâtiments historiques de l’abbaye, la restauration de l’église touche à la source même de leur spiritualité. «Une abbaye cistercienne se construit d’abord à partir de l’autel de l’église abbatiale. C’est là que tout commence», rappelle Dom Marc de Pothuau.

Il se réjouit toutefois de pouvoir rénover cette église afin de transmettre un patrimoine en bon état à la communauté. Il rappelle encore: «L’histoire du canton de Fribourg est cachée dans les archives de l’abbaye.» Cette restauration est aussi une manière pour le canton, selon lui, de prendre soin de ses racines.

source: La Liberté du 22.05.2021 – Stéphanie Buchs

 

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