mai 23, 2022

by becla in

Deux victimes méconnues d’Ecuvillens-Posieux

 Histoire de notre commune / Posté il y a 1 mois par becla / 42 vues

Le savez-vous ?
Deux victimes méconnues d’Ecuvillens-Posieux
Nous subissons la pandémie du Covid 19 depuis 17 mois. Heureusement, les voyants passent progressivement du jaune au vert. Mais rappelons-nous : cette épidémie a fauché près de 10’500 personnes en Suisse et plus de 4,3 millions dans le monde, ceci à la mi-août 2021 !
Remontons dans le temps, il y un peu plus d’un siècle pour évoquer la fameuse grippe espagnole. Espagnole qui ne l’était que de nom. Par contre, elle fut tellement létale, si létale qu’aujourd’hui encore on hésite sur le nombre de morts. Cela va du simple au double : de 20-25 millions à 50 millions de trépassés. Entre juillet 1918 et mai 1919, on dénombra 25’000 issues fatales en Suisse, dont 964 dans le canton de Fribourg.
A la fin du 19e siècle, l’espérance de vie à la naissance pour les hommes et les femmes ensemble se montait à près de 49 ans. En près de 2 décennies, elle augmentait de plus de 6 ans et se situait à 55,4 ans en 1917. Cette augmentation rapide bien que très irrégulière était due alors à la baisse de la mortalité infantile et des maladies infectieuses. L’année suivante, en 1918, en raison de la grippe, elle chutait à 46,3 ans, soit une baisse d’un peu plus de 9 ans. En 1919, elle remontait à 55 ans. Pour mémoire, rappelons qu’en 2021 elle est de 85 ans pour les dames et de 81 ans pour les messieurs.
On note qu’un peu plus de 39’000 hommes et un peu moins de 36’000 femmes sont décédés en Suisse en 1918, soit une hausse de 45 % pour les hommes et de 36 % pour les femmes par rapport à 1917. Il y a une grosse différence par rapport au Covid : la grippe espagnole touchait surtout les jeunes de 20 à 40 ans. Ils n’étaient pas spécialement en mauvaise santé même si ces personnes pouvaient être affaiblies suite aux conditions difficiles en cette période en Europe. Le nombre de décès des jeunes était plus élevé que celui des plus âgés. En 1918, pour le groupe d’âges de 20 à 39 ans, le nombre de décès s’élevait à environ 20’000 soit 3 fois plus que d’habitude et celui des personnes de 70 ans ou plus ne variait guère.
Sources : Actualités OFS (Office fédéral de la statistique) Raymond Kohli

Pourquoi tous ces rappels historiques et pourquoi ce rapprochement de ces deux épidémies distantes d’un siècle ?
Et bien pour évoquer brièvement le destin particulier de deux personnes, de deux soldats d’Ecuvillens-Posieux. Dans le contexte particulier dans lequel se trouvait la Suisse à cette époque, on évoque volontiers le sacrifice des soldats morts pour leur pays. Il faut rappeler le rôle particulier joué alors par le régiment 7 d’infanterie de Fribourg, avec un effectif total d’environ 2000 hommes, chargé du maintien de l’ordre et de la sécurité dans la ville fédérale lors de la grève générale de 1918.  Sous les drapeaux, il y eut 1’805 soldats décédés dans l’armée suisse en raison de la grippe espagnole, dont 84 soldats pour le seul canton de Fribourg. Il faut noter qu’à la fin de la guerre seulement 33’000 à 37’000 soldats étaient mobilisés simultanément en Suisse. Les estimations officielles font état de 660’000 personnes ayant été contaminées par cette grippe en Suisse au cours de 1918. Mais ces valeurs sont cependant fortement sous-estimées. Pour les spécialistes, le nombre de personnes ayant été infecté par la grippe en Suisse devrait plutôt se monter à 2 millions, ce qui représenterait plus de la moitié de la population de l’époque !! En résumé, la grippe a été mortelle pour les jeunes adultes et particulièrement pour les jeunes hommes.
Voici les noms des deux soldats, décédés à 2 jours d’intervalle, dont nous rappelons le souvenir.

Joseph Python, né à Ecuvillens le 6 mai 1892, mais habitant à Posieux, fusilier-trompette d’Etat-Major du bataillon 16, décédé à la caserne de Berne le 22 novembre 1918 et enterré à Ecuvillens.  Membre actif de la Société de musique d’Ecuvillens-Posieux.
Paul Galley, d’Ecuvillens : mitrailleur à la compagnie III/7, né le 5 septembre 1896, décédé à la caserne de Berne le 20 novembre 1918 et enterré à Ecuvillens.
Dans nos villages, les inhumations avaient lieu immédiatement pour éviter toute propagation de la maladie. Le libellé du faire-part funéraire était toujours identique : ..décédé au service de la patrie, au lazaret des casernes de Berne, muni des secours de la religion.
A noter que le prêtre de l’époque était l’Abbé Stephanus Favre de Bretigny (VD), curé d’Ecuvillens de 1891 à 1923, décédé en 1926.

Sources : « Novembre 18 » de Pierre Barras
« La Liberté » éditions de novembre 1918
« Archives cantonales fribourgeoises »

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