avril 19, 2021

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Ce bout de terre qui a une histoire: le Tronc Bourla

 Culture / Posté il y a 2 semaines par Memo / 72 vues

Jadis, selon le plan cadastral de la commune de Posieux, il constituait l’article 326 intitulé : « Champ de 26 perches et 70 pieds ». Cette mention fut portée en 1855. Sur le plus ancien plan cadastral que Posieux possède et qui date de 1781, aucune mention n’en est faite. Sans doute, le régime des routes étant différent, était-il rattaché à un autre article.

Plus tard, la mention indiquée fut modifiée  en « Place de 2 ares quarante centiares ».

Aujourd’hui, il n’en reste que quelques touffes d’une mauvaise herbe, l’article ayant été supprimé en 1966 et rattaché au domaine public, c’est-à-dire aux routes.

Autrefois, la place était sans doute plantée d’un arbre, voire de plusieurs, car nous sommes là à la limite de deux communes et c’était l’usage de marquer les frontières de propriétés par des arbres, comme cela est encore visible entre le domaine des Muèses et la Station fédérale de recherches. Le nom « Tronc Bourla » (l’orthographe est celle du plan cadastral) vient peut-être d’un arbre brûlé à cet endroit soit par la foudre, soit pour une autre raison.

La coutume place ici le lieu de l’assassinat de Pierre-Nicolas Chenaux par son acolyte Rossier. Cela n’est pas prouvable mais c’est tout à fait possible. En effet, le cabaretier de la Croix-Blanche à l’époque était un certain Claude Python, également compagnon de Chenaux. Le drame peut donc fort bien avoir lieu au sortir de l’Auberge de Posieux. La source utilisée quant à l’Auberge de Posieux est aussi le cadastre de 1781, établi par un certain Biellmann pour le compte de L’Abbaye de Hauterive.

Le 9 septembre 1884, réunie sous la présidence de Monsieur François Bochud, Syndic, l’assemblée communale de Posieux cédait à l’association cantonale de Pie IX (Piusverein) le « Tron Bourla » pour qu’il puisse y être érigée une chapelle en souvenir « de l’assemblée mémorable du 24 mai 1852 ».

Le comité de cette société par l’entremise de Monsieur le Chanoine Schorderet, a manifesté le désir que la commune de Posieux… « sic procès-verbal ».

Voilà qui eût été une destinée grandiose. On ignore les raisons qui firent que ce don ne fut pas considéré avec bienveillance car la chapelle sera construite ailleurs et plus de trente ans plus tard seulement. Il ne faut pas perdre de vue que le « Tronc Bourla » avait une superficie de 240 m2 à l’époque, ce qui ferait un pré carré d’environ 15 m de côté. Ce n’est donc pas le manque de place, mais bien plutôt l’échec d’un projet qui a pris corps sur un autre terrain.

La première atteinte à la superficie de ce lieu fut faite à la demande des GFM afin que « le bus effectuant sa manœuvre ne s’embourbe plus dans le pré ». (Citation d’une lettre de la direction des GFM à la commune de Posieux en 1938).

Lorsque les chemins communaux ont été asphaltés, notre pauvre ami est devenu ce petit triangle misérable que l’on voit aujourd’hui. (du temps  de la parution du Memento en 1980). Souhaitons qu’un jour, aménagé avec goût, il soit un élément décoratif, ce qui ne serait que justice pour un lieu passé si près de la gloire.

Un texte de Francis Chollet, tiré de l’édition No 20  du Memento de juin 1980
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