janvier 5, 2019

by becla in

1979 – 2019 : Le village de Posieux il y a 40 ans

 Culture / Posté il y a 2 mois par Claudio / 66 vues

En accord avec la famille Maradan, nous publions le texte rédigé par l’ancien syndic de Posieux, Ernest Maradan en 1979. Ce texte avait déjà fait l’objet d’une publication dans le memento il y a deux mois et par la suite supprimé par la même personne qui l’avait publié.  Sur demande de plusieurs personnes et de la famille nous le publions à nouveau car il témoigne des changements intervenus depuis 40 ans dans la commune de Posieux. A cette époque Posieux et Ecuvillens n’avait pas encore fusionné.
Si vous êtes en possession de lettres, photos, documents qui tracent le développement des deux communes ces dernières décennies et que vous désirez les partager avec la population jeune et moins jeune de notre commune nous vous invitons à les publier dans le memento ou alors nous les transmettre à l’adresse email :  info.lememento.ch ou tout simplement les publier vous-même sur le site. Nos « ambassadeurs » sont aussi à votre disposition (voir leur liste dans la rubrique aide).

PROMENADE À TRAVERS LA COMMUNE DE POSIEUX EN 1979.
Texte d’Ernest Maradan 1903-1987, ancien syndic de Posieux.

 

 (Les textes patois intercalés sont tirés de poèmes de notre regretté mainteneur kouetsou, M. Denis Pittet, din Bou (1884-1960) grand ami de cette région).

Piti velaodzou bin pyantao Chu on repya, chu ouna koûtha Vo j’ithé ti gayao d’amao Chin pri d’on rio, chin chu la fritha

La commune de Posieux est un beau village avec son bureau communal son ancienne école, son auberge de la Croix Blanche avec en face l’épicerie.

Avantageusement situé à 7 km de la capitale sur la route de Fribourg-Bulle, par le Bry, le village de Posieux, selon un terme qui parait provenir de celui « d’emposieu », c’est-à-dire « puits » fut intimement mêlé aux heurs et malheurs du monastère cistercien de Hauterive fondé sur son territoire en 1137 par Guillaume de Glâne. Adossé à la route nationale 12, enserré entre ses limites naturelles, de la Glâne et de la Sarine qui se rejoignent en son extrémité Nord, cote 560, la localité par son voisinage immédiat avec Marly, Matran et Villars est aux portes du Grand Fribourg. Outre ses hameaux et ses établissements dont il sera question ci-après, le village proprement dit égrène ses fermes, villas, immeubles locatifs et ses nouveaux quartiers aux noms remplis d’histoire : La Ria, Le Sapey, Vy-de-Villard, autour de sa majestueuse chapelle votive du Sacré-Cœur située en son point culminant (689m) d’où la vue est remarquable sur le Jura et les Alpes.

In pachan pê Poju, on koutsê don (jhape De la pao de Matran, vo vérin ha tsapala Alaodè la vointi, demanda tyè la pé L’in faojon bin pou mè, l’a fudrin portan pala

La commune dont la superficie est de 669 ha est fort bien équipée : une école de quatre classes, construite il y a cinq ans, un réseau d’eau potable entièrement remis à neuf, une station d’épuration établie en collaboration avec la commune d’Ecuvillens, l’Institut Agricole et la Station fédérale de Grangeneuve. Les routes communales sont dotées d’un revêtement bitumeux dans leur quasi-totalité. Sur les deux rivières, par moins de sept ponts assurent les liaisons avec les communes avoisinantes ; le plus ancien, celui de Ste Appoline près de la Chapelle de ce nom datant de 1147, fut un important nœud routier des voies romaines, le plus récent est celui de la RN 12, entre Posieux et Matran.

En vue de parcourir maintenant les hameaux et établissements de la commune, empruntons si vous le voulez bien l’un de ces ponts, celui de la Glâne construit en 1853, à mi-chemin entre Fribourg et Posieux, par les Daillettes. A la sortie de cet imposant ouvrage d’art, nous voyons immédiatement à notre gauche le site de Châtillon-In-Vua qui fut 500 ans avant J.C. un camp romain fortifié ; devant nous sur la route rectiligne qui traverse le bois de la Glâne, nous percevons le château et domaine de Froideville, souvent cité au 12ême siècle sous le nom de Frigida Villa. De là, à 1 km en contrebas, nous repérons la ferme des Mueses avec sa chapelle tricentenaire, qui vient d’être habilement restaurée par le nouveau propriétaire, la Bourgeoisie de Fribourg. En retournant sur nos pas, nous découvrons l’agglomération du Moulin Neuf avec ses cinq habitations, sa scierie, son moulin agricole et impressionnant silo à céréales. Par un canal dérivé de la Glâne près d’un vieux pont de bois, hélas disparu, la scierie et le moulin plus le pilon à os qui marchaient autrefois avec une roue à aubes au fil de l’eau.

Léchin mâdre pyan le malè Léchin kola/ou rya/è Dé nouhra ya tan de j-ârè Pâchon kern’on tsapalè.

Passons maintenant tout à l’opposé vers les « hautes rives » de la Sarine pour y admirer l’oasis de la paix et de culture, le lieu de prière et de travail qu’est depuis huit siècles l’Abbaye cistercienne. Une restauration fort réussie menée à chef ces dernières années souligne mieux encore la valeur artistique de cet ensemble architectural remarquable. Un raccourci pierreux nous amène ensuite sur le plateau de Grangeneuve. Dans l’imposant complexe de l’Institut agricole cantonal avec ses centres de formation, son école d’industrie laitière, ses stations, son école ménagère, ses exploitations agricoles de 70 ha, horticoles et autres. La jeunesse du pays vient y acquérir ou parfaire ses connaissances dans les secteurs de son choix. A 500 m., c’est l’ensemble des bâtiments de la Station Fédérale dont les six sections étudient et résolvent expérimentalement sur ce domaine de 67 ha., les problèmes ayant trait à la production animale en agriculture. On peut estimer à une centaine de millions les montants investis au titre de constructions, rénovations et aménagements, durant cette dernière décennie dans ces établissements d’instruction et de recherche. Notre dernière escale nous ramène à l’entrée de la localité pour y saluer la fabrique de remorques Joseph Zbinden, seule industrie villageoise de type familial, occupant actuellement 25 personnes.

En 1811, la population de Posieux se montait à 162 personnes, lors du dernier recensement fédéral, 516 habitants étaient dénombrés dont 459 catholiques et 57 protestants, 329 d’entre eux parlent le français et 151 l’allemand. Rattachés à la paroisse de Matran jusqu’en 1590, Posieux forme depuis avec Ecuvillens la paroisse de ce nom. Celle-ci est propriétaire de l’auberge d’Ecuvillens et de sa nouvelle salle, de la cure du lieu et naturellement de l’église qui vient d’être fort bien restaurée.

Intrè la Cherna à la Yanna On pon vére to bi mohyi Bin plyantâ dan baia plyanna Tan de dzan I-in vinyon prinlyi.

Les sociétés locales très vivantes recrutent leurs membres pour la plupart dans les deux localités. In en est de même pour la Caisse de crédit mutuel, système Raiffeisen, déjà cinquantenaire. Au point de vue scolaire grâce au regroupement intervenu, tous les problèmes sont étudiés et résolus entre les deux communes. Sept instituteurs et institutrices s’occupent de l’instruction et de l’éducation de nos enfants. Il y a également une école enfantine. Au terme de ce tour d’horizon bien incomplet où se reflète la vie et les particularités d’un village de chez nous, puissions sentir mieux encore qu’être de quelque part, qu’appartenir à une communauté bien vivante est encore un privilège inestimable.

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Posieux info@lememento.ch

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